Je m’apprête à signer mon premier contrat.
Mazal tov ! Faites sonner la boîte à meuhhhh !
…Mais non.
Je n’arrive pas à l’entendre.
Je n’arrive même pas à répondre aux messages de félicitations et d’encouragements.
J’entends trop fort cette voix dans ma tête qui répète :
“Oui, c’est bien… mais tu n’es pas la première à signer dans la nouvelle équipe.”
“Oui, mais ce n’est pas un gros dossier.”
“Oui, mais est-ce qu’il y en aura d’autres après ?”
Oui mais, oui mais, oui mais…
Oui mais STOP.
Comme beaucoup de femmes, je souffre du syndrome de l’imposteur.
Ça, c’est certain. Et d’ailleurs, j’en parlerai plus en détail bientôt.
Mais là, une réflexion me frappe :
Et si ce punaise de syndrome de l’imposteur…
Et si cette tendance à ne jamais être satisfaite de moi-même…
À toujours chercher à faire plus, mieux, plus vite, plus haut, plus fort…
À vouloir prouver que j’ai ma place, que je suis “légitime”…
Et si tout ça, en vérité, bloquait la braha ?
Et si, à force de tout analyser, de relativiser mes réussites,
je ne laissais plus de place à la sim’ha ? À la reconnaissance. À la gratitude. 🙏
Vous vous souvenez de cette fille, au lycée, qui sortait de chaque contrôle en pleurant :
“J’ai trop raté, c’est sûr, c’est la cata.”
Et elle finissait avec un 18/20.
Ça nous énervait, non ?
On avait envie qu’elle rate une fois, pour qu’elle voie enfin ce qu’elle vaut.
Et si, nous aussi, on faisait exactement pareil ?
Et si nos “oui mais” étaient en réalité des pièges de notre yetser hara,
pour nous empêcher de savourer, de célébrer, de reconnaître ? 😶🌫️
Et si Hachem, dans Sa bonté, se voyait “obligé” de ralentir le flux de bénédictions…
Juste pour qu’on finisse par ouvrir les yeux,
et apprendre à se réjouir, même des petites victoires.
Parce qu’Hachem, Lui, Il veut tout nous donner.
Mais encore faut-il qu’on sache le recevoir.
Et quand on accueille une braha avec un “oui mais” au lieu d’un “merci”…
Est-ce qu’on ne remet pas, quelque part, en question Son choix ?
Est-ce qu’on ne dit pas, sans oser le formuler :
“Ce que Tu m’as donné n’est pas suffisant.”
Et quand on accueille une braha avec de l’autocritique,
n’est-ce pas aussi remettre en cause la création d’Hachem,
le rôle, la place qu’Il nous a donnés,
les capacités dont Il nous a dotée ?
À l’approche de Pessa’h…
Je me demande si cette manie de la perfection ne s’applique pas à tous les domaines de nos vies.
Est-ce que finalement, je ne bloque pas “uniquement” la braha de la parnassa,
mais aussi celle du bonheur, tout simplement ?
Combien ici sont en train de récurer, astiquer, faire rutiler leur maison,
tout en pensant à la liste de courses, aux repas du seder, aux repas de la semaine…
et vont finalement arriver au soir de Pessa’h fatiguées et éreintées,
pour se dire que mince…
L’agneau n’est pas assez cuit, et il manque un peu de sel dans le msouki. 😅
Oui oui, tu peux lever la main, n’aie pas honte — nous sommes toutes pareilles ! 💁♀️
Et pourtant, au cœur de Pessa’h, il y a la matza.
C’est l’aliment de l’humilité.
Simple, sans levain, sans fioriture.
Comme pour nous dire :
Reçois ce que tu as. Reçois-le simple. Reçois-le plein.
Elle ne cherche pas à impressionner.
Elle ne “gonfle” pas. (À part dans nos ventres pour nous donner des ballonnements 😄)
Elle te dit :
“Tu n’as pas besoin d’être parfaite pour être digne.”
Elle joue son rôle et prend sa place,
parfaite dans toute son imperfection.
Et imagine si Myriam, après avoir traversé la mer Rouge,
s’était dit :
“Oui mais… j’ai juste chanté.”
“Oui mais… c’est Moshé qui a ouvert la mer, moi j’ai fait quoi au fond ?”
Heureusement, elle n’a pas minimisé son rôle.
Elle a sorti son tambourin, elle a entraîné les femmes,
elle a célébré.
Parce qu’elle savait que chaque acte de foi,
aussi simple soit-il, mérite d’être dansé. 💃✨
Pessa’h nous pousse à faire le ménage dans nos maisons…
Mais peut-être qu’on devrait aussi faire un grand nettoyage intérieur :
Balayer nos “oui mais”, nos “pas assez”, nos “quand ce sera mieux”,
nos “quand je ferai mieux”.
Parce que finalement, notre Égypte à nous, ce n’est pas un désert à traverser.
Ce sont nos dix plaies quotidiennes.
Cette insatisfaction constante, cachée derrière l’autocritique,
les comparaisons,
le manque de confiance en soi…
Et toi…
Dans quel domaine tu entends ce “oui mais” ?
L’éducation des enfants ?
La parnassa ?
Ton couple ?
Ton rapport à toi-même ?
Alors profitons de ce moment pour faire le ménage…
Mais toute l’année, pas qu’à Pessa’h.
Car se débarrasser de ses “oui mais”,
c’est un travail du quotidien. 🧼🫧
NB ✍️
Entre le moment où j’ai écrit cet article et le moment où je le publie…
J’ai bien signé mon premier contrat.
Et vous savez quoi ?
Je n’ai pas célébré.
On ne se refait pas, hein ? 😅
Mais peut-être qu’en l’écrivant ici, maintenant,
je récupère un petit bout de cette braha que je m’étais volée toute seule…
Et je vous invite non seulement à la célébrer avec moi,
mais aussi toutes ces petites victoires du quotidien — les miennes, les vôtres —
toutes celles que nous jugeons souvent trop petites pour être célébrées. 🎉💗

Laisser un commentaire